Ptose palpébrale et ménopause : pourquoi le regard peut sembler plus lourd ?
À la ménopause, beaucoup de femmes décrivent la même chose : un visage qui change, une peau qui se relâche, un regard qui paraît plus fatigué. Parfois, elles ont l’impression que la paupière “tombe”. La question revient donc souvent en consultation : est-ce que la ménopause peut provoquer une ptose palpébrale ?
Non, la ménopause ne crée pas, à elle seule, une ptose au sens strict. En revanche, les changements hormonaux peuvent rendre certains signes du vieillissement du regard plus visibles.
Et dans certains cas, ils peuvent accentuer une fragilité déjà présente.

Ménopause et regard : que se passe-t-il vraiment ?
La ménopause s’accompagne d’une baisse importante des œstrogènes. Or, ces hormones jouent un rôle dans la qualité de la peau, son hydratation, son épaisseur, sa tonicité et sa capacité à bien se tenir dans le temps (1).
Autour des yeux, la peau est déjà très fine. Elle marque donc plus vite. Avec le temps, on peut observer :
– Une peau plus sèche ;
– Une perte d’élasticité ;
– Un relâchement cutané plus visible ;
– Des paupières supérieures plus lourdes ;
– Un creux plus marqué au-dessus de l’œil ;
– Une impression de regard triste ou fatigué.
C’est simplement une zone très expressive, très mobile, très fine…qui marque vite.
Le regard ne ment pas hélas… alors même qu’on aimerait qu’il soit un peu plus diplomate !
Ptose palpébrale, paupière tombante : de quoi parle-t-on ?
Il faut distinguer plusieurs situations.
– La vraie ptose palpébrale (ptosis de la paupière) correspond à une chute de la paupière supérieure liée au système qui permet de l’ouvrir. Le muscle releveur de la paupière, ou son attache, fonctionne moins bien. La paupière descend alors sur l’œil, parfois au point de gêner le champ visuel.
– Une paupière tombante peut aussi être liée à un excès de peau, appelé dermatochalasis. Dans ce cas, la paupière fonctionne, mais la peau forme un repli qui alourdit le regard.
– Il peut aussi exister un affaissement des sourcils, notamment dans la partie externe, qui vient appuyer sur la paupière supérieure, accentuant l’aspect tombant du regard.
– Enfin, il peut y avoir tout cela en même temps !
→ Une consultation avec un chirurgien esthétique du regard ne se limite donc jamais à regarder simplement la paupière mais à analyser le regard dans son ensemble : paupière, sourcil, front, asymétries, creux, tonicité de la peau, position de l’œil et dynamique musculaire pour adapter la prise en charge.
La ménopause peut-elle aggraver une ptose ?
Elle peut surtout révéler ou accentuer une situation existante.
Avec l’âge, le ptosis acquis est souvent lié à un relâchement ou un étirement de l’aponévrose du muscle releveur au fil du temps.
La baisse hormonale peut modifier la qualité des tissus autour de l’œil : la peau se tient moins bien, le sourcil descend parfois davantage, les volumes changent, les contrastes se creusent.
→ Résultat : une ptose légère, un relâchement cutané ou une asymétrie jusque-là peu visibles, peuvent devenir plus perceptibles.
Opération des paupières : quels gestes sont réalisés ?
Il n’existe pas une seule réponse. Et heureusement, sinon mon métier serait nettement moins intéressant !
– En cas d’excès de peau isolé, une blépharoplastie supérieure peut permettre d’alléger la paupière et de dégager le regard. Le geste consiste à retirer l’excédent cutané de manière précise et sur mesure.
– En cas de faiblesse musculaire (ptosis), il faut corriger le mécanisme d’ouverture de la paupière.
– En cas de sourcil tombant, il faut aussi évaluer le front et la position du sourcil. Retirer de la peau sur la paupière sans tenir compte du sourcil peut parfois aggraver l’impression de lourdeur, ou donner un résultat décevant.
Enfin, blépharoplastie ou injection ?, beaucoup de patients se le demandent, se disant qu’ils aimeraient éviter une chirurgie.
Les injections d’acide hyaluronique ou de botox peuvent en effet améliorer certains creux sous les yeux, ouvrir le regard ou lisser les rides d’expression…, mais elles ne corrigent pas une vraie ptose palpébrale. Et elles ne remplacent pas non plus une chirurgie lorsqu’il existe un excès de peau important.

Pourquoi le diagnostic est essentiel ?
Parce que le même symptôme peut avoir plusieurs causes.
À la ménopause, le regard peut changer. Il peut sembler plus lourd, plus triste, moins ouvert. Mais cela ne signifie pas qu’il faut tout corriger, ni tout attribuer aux hormones. Il faut comprendre précisément ce qui a changé, ce qui relève du vieillissement naturel, et ce qui peut être amélioré avec justesse.
Un beau résultat consiste à retrouver un regard plus reposé, plus cohérent, plus fidèle à soi-même.
Pour cela, une consultation est essentielle…de même que le choix du chirurgien.
Sources
- Thornton MJ. Estrogens and aging skin. Dermato-Endocrinology. 2013;5(2):264-270.
- Lim JM, Hou JH, Singa RM, Aakalu VK, Setabutr P. Relative Incidence of Blepharoptosis Subtypes in an Oculoplastics Practice at a Tertiary Care Center. Orbit. 2013;32(4):231-234.