Peut-on faire un deuxième lifting du visage ?
Oui. Il est possible — dans certains cas bien sélectionnés — de refaire un lifting du visage plusieurs années après un premier geste. Mais on ne parle pas ici d’un simple “rajeunissement 2.0”.
Le lifting secondaire (ou deuxième lifting) est une intervention complexe. Elle nécessite une parfaite compréhension de ce qui a déjà été fait, une grande maîtrise des plans profonds du visage, et un objectif clair : rafraîchir sans dénaturer.

Un visage déjà opéré n’est jamais un visage vierge
Quand une patiente vient me consulter pour un deuxième lifting, souvent 10 à 15 ans après le premier, je prends le temps d’évaluer l’ensemble des éléments en jeu : qualité des tissus, antécédents chirurgicaux et médicaux, évolution anatomique, attentes esthétiques.
C’est un travail de précision, car un visage déjà opéré a une histoire : il a cicatrisé, compensé, parfois modifié certains reliefs.
Prendre en compte les antécédents médicaux
Aujourd’hui, rares sont les patientes qui n’ont pas reçu de traitements de médecine esthétique après leur premier lifting.
Injection d’acide hyaluronique, Botox, fils tenseurs, séances de radiofréquence, peelings, lasers… tous ces gestes laissent une empreinte dans les tissus.
Certains traitements, comme les fillers non résorbables, injectés il y a des années ou à l’étranger, peuvent même compliquer le travail !
Dans ce cas, un examen radiologique peut être nécessaire pour localiser le produit avant de l’opérer.
Si la patiente a reçu des injections récentes d’acide hyaluronique, on peut différer l’intervention ou recourir à la hyaluronidase pour assainir les tissus.
Quant aux fils tenseurs résorbables, ils créent souvent des zones de fibrose sous-cutanée, qui peuvent parfois compliquer la dissection et la lecture des plans.
Ce qu’un lifting a changé : peau, SMAS et cicatrices
Un lifting cervico-facial, qu’il s’agisse d’un lifting du bas du visage, d’un lifting du cou, ou d’un geste plus étendu, modifie profondément l’anatomie.
La peau a déjà été décollée, repositionnée.
Le cicatrice de mini lifting visage — doivent être analysées avec précision.
Je vérifie leur emplacement, leur qualité de cicatrisation, et les éventuelles conséquences esthétiques : recul de la ligne capillaire, oreille tirée, tragus modifié, pommette creusée… Tous ces détails orientent le plan opératoire. Il m’arrive même, dans certains cas, de corriger une mauvaise cicatrice dans le même temps opératoire.
Peut-on “tirer” à nouveau sur la peau ? Non. Et ce n’est pas le but.
Un deuxième lifting ne doit jamais chercher à compenser ce que la peau ne peut plus faire. Avec le temps, elle a perdu en élasticité. La remettre en tension ne suffit pas — et surtout, cela peut créer un résultat figé, ou un visage tiré artificiellement. Ce n’est pas ce que je recherche.
Dans la plupart des cas, le lifting secondaire repose sur un geste profond, précis, ciblé sur le SMAS, avec un repositionnement harmonieux des tissus. Le décollement cutané est limité, la remise en tension mesurée. C’est un travail minutieux, parfois même plus technique que le premier !
Je retire souvent peu de peau, car le geste principal est plutôt en profondeur.
Un lipofilling, pour restaurer les volumes là où le temps a creusé, peut y être associé : tempes, vallée des larmes, pommettes, ovale.
Faut-il tout refaire ? Pas toujours.
Je n’aborde jamais un lifting secondaire comme un “full face”.
Chaque zone est analysée : faut-il reprendre uniquement l’ovale ? traiter la ptôse cervicale ? améliorer la région temporale ? réouvrir le regard par un lifting des sourcils ? Ou au contraire, laisser certaines zones telles quelles, pour ne pas trop intervenir ?
Parfois, un geste isolé suffit. Un mini lifting du visage, bien posé, peut suffire à raviver un visage déjà harmonisé. À d’autres moments, une reprise complète s’impose, incluant un geste au niveau du regard (blépharoplastie), du cou, voire une correction de cicatrices anciennes.
Tout dépend du visage, de la première intervention, et du projet du patient.
Résultat, suites, convalescence
Les suites d’un lifting pour le visage, même si ce n’est pas le premier, sont comparables à celles d’un premier geste, à condition d’avoir respecté les tissus. Un œdème peut persister un peu plus longtemps, parfois une sensation de tiraillement plus marquée. Mais si l’intervention est douce et bien conduite, la convalescence après lifting reste prévisible : deux à trois semaines de repos, puis reprise progressive de ses activités.
Enfin, comment entretenir un lifting du visage ? Avec régularité, mesure et cohérence. Une routine de soins adaptée, une photoprotection rigoureuse, des gestes médicaux légers et ciblés… Tout ce qui soutient la qualité de la peau est bienvenu !
En résumé
Faire plusieurs liftings visage dans sa vie est possible, mais ce n’est pas la norme. Il s’agit d’un geste technique, stratégique, au service d’un projet clair : redonner de la cohérence à un visage qui a continué à vieillir malgré un premier geste.
Et si ce visage a bien vieilli, s’il a été respecté… alors il m’offre un terrain magnifique pour continuer le travail, tout en subtilité.