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Paupières tombantes : excès de peau ou vrai ptosis ?

Vous avez l’impression d’avoir les paupières tombantes, le regard plus lourd ou un œil plus fermé que l’autre ? Le réflexe consiste souvent à penser : “j’ai trop de peau, il faut faire une blépharoplastie”.

Pas forcément.

Une paupière qui tombe peut correspondre à un excès cutané, mais aussi à un véritable ptosis de la paupière, c’est-à-dire une mauvaise position du bord palpébral lui-même. Et parfois, les deux sont associés.

La nuance peut sembler subtile dans le miroir. Chirurgicalement, elle ne l’est pas du tout.

 

Excès de peau et ptosis : deux problèmes différents

– L’excès de peau de la paupière supérieure, ou dermatochalasis, correspond à un relâchement cutané qui forme progressivement un pli au-dessus de l’œil.

Blépharoplastie supérieure Dr koppe

Avant après blépharoplastie supérieure – Dr koppe

 

Le bord libre de la paupière, celui où s’implantent les cils, peut rester parfaitement bien positionné. C’est la peau située au-dessus qui s’accumule, alourdit visuellement le regard et peut parfois déborder sur les cils.

➡️Dans ce cas, une blépharoplastie supérieure peut permettre de retirer précisément l’excès cutané.

 

Ptosis bilatéral chirurgie du ptosis paupieres tombantes dr koppe

Avant après traitement du ptosis bilatéralsans excès cutané.

– Le ptosis, lui, se situe un étage plus profond : c’est la paupière elle-même qui est trop basse. Le bord palpébral descend devant l’œil et peut, lorsqu’il est marqué, empiéter sur la pupille.

La cause se trouve notamment du côté du système qui permet de relever la paupière, en particulier le muscle releveur de la paupière et son aponévrose.

➡️Une chirurgie des paupières supérieures avec traitement du ptosis est donc indiquée.

 

Dans un cas, c’est surtout l’enveloppe qui est en excès. 

Dans l’autre, c’est le mécanisme d’ouverture de la paupière qui doit être évalué. 

 

Comment reconnaître un ptosis de la paupière ?

Certains signes peuvent orienter, mais ils ne remplacent pas un examen.

Un ptosis de la paupière peut notamment se traduire par un bord palpébral plus bas d’un côté, une asymétrie d’ouverture des yeux ou une impression qu’un œil est “plus petit”.

Certains patients compensent inconsciemment en contractant leur front pour relever les sourcils. Les rides frontales deviennent alors, d’une certaine manière, des muscles auxiliaires de la paupière, ce qui n’était pas exactement leur fiche de poste…

Lors de l’examen, je regarde notamment :

– La position du bord de la paupière par rapport à la pupille ;

– La symétrie entre les deux yeux ;

– La mobilité et la force du muscle releveur ;

– La hauteur du pli palpébral ;

– La position des sourcils ;

– L’importance réelle de l’excès cutané.

Ces éléments permettent de distinguer une simple laxité cutanée d’une véritable ptose de la paupière. 

L’analyse doit aussi tenir compte de l’ensemble des structures qui façonnent le regard : paupière, sourcil, graisse, orbite et muscles.

➡️En savoir + sur l’anatomie du regard.

 

Et si ce n’était pas un vrai ptosis ?

Une paupière peut sembler plus basse sans que son muscle releveur soit réellement en cause.

Un sourcil abaissé peut pousser les tissus vers la paupière et accentuer son aspect tombant. 

Mais certaines différences de morphologie peuvent également créer cette impression : un œil plus enfoncé dans l’orbite, plus proéminent ou simplement asymétrique par rapport à l’autre. C’est notamment ce que j’explique dans cette analyse de l’œil de Jeff Bezos et de sa paupière tombante.

On parle alors de pseudo-ptosis : l’œil paraît plus fermé, mais le problème ne vient pas nécessairement du mécanisme qui relève la paupière.

 

Pourquoi une blépharoplastie seule ne corrige-t-elle pas un vrai ptosis ?

Parce qu’elle ne traite pas la même structure.

La blépharoplastie supérieure agit principalement sur l’excès cutané et, selon les cas, sur certains volumes graisseux. La chirurgie du ptosis vise à restaurer une position plus adaptée de la paupière en intervenant sur son mécanisme élévateur.

Si un ptosis est méconnu et que seule la peau est retirée, la paupière peut rester basse après l’intervention.

À l’inverse, retirer trop de peau pour tenter de “remonter” artificiellement une paupière expose à un résultat insuffisant, peu naturel, voire à des difficultés de fermeture palpébrale !

➡️ Les deux gestes peuvent cependant être associés lorsqu’un patient présente à la fois un excès cutané et un ptosis.

 

Pourquoi choisir un chirurgien habitué à la chirurgie du regard ?

Parce que le choix du traitement dépend d’abord de la qualité du diagnostic.

Avant toute intervention, il faut déterminer précisément ce qui tombe : la peau, la paupière, le sourcil… ou plusieurs structures à la fois.

La chirurgie doit ensuite être adaptée à votre anatomie et à votre fonction palpébrale.

L’objectif n’est pas simplement d’ouvrir davantage le regard, mais d’obtenir une position cohérente des paupières, en préservant leur mobilité, leur fermeture et leur harmonie avec le reste du visage.

En chirurgie du regard, quelques millimètres peuvent faire beaucoup. 

 


FAQ

Comment savoir si j’ai un ptosis ou simplement trop de peau ?

Regardez surtout le bord de la paupière plutôt que le pli cutané. Dans un ptosis, le bord palpébral lui-même descend anormalement devant l’œil. Mais les deux problèmes peuvent coexister : seul un examen permet de les distinguer précisément. Souvent, le ptosis a tendance à s’accentuer lorsqu’on est fatigué.

Un ptosis touche-t-il forcément les deux yeux ?

Non. Il peut être unilatéral ou bilatéral et parfois très asymétrique.

Le ptosis apparaît-il uniquement avec l’âge ?

Non. Il existe des ptosis congénitaux et des formes acquises liées notamment au vieillissement de l’aponévrose du releveur, à certains traumatismes, interventions ou maladies neuromusculaires ou neurologiques. Il peut également être transitoire à la suite d’ une injection de botox.

Quand une paupière qui tombe doit-elle inquiéter ?

Un ptosis installé progressivement mérite une consultation pour en déterminer la cause. En revanche, une paupière qui tombe brutalement, notamment si elle s’accompagne d’une vision double, d’une anomalie de la pupille, de douleurs ou d’autres symptômes neurologiques, nécessite une évaluation médicale rapide.