Je regrette ma blépharoplastie : que faire ?
J’ai déjà reçu en consultation des patient(e)s qui m’ont confié : « je regrette ma blépharoplastie« .
Derrière, il y a souvent un vrai choc : la peur d’avoir abîmé son regard, l’impression d’avoir “fait une bêtise”, parfois même une perte de confiance dans la chirurgie en général.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe presque toujours une marge de manœuvre : comprendre ce qui ne va pas, expliquer, traiter les complications si elles existent, et, dans certains cas, corriger.
Mais cela suppose d’être très lucide sur les causes, à la fois du point de vue du patient et du point de vue clinique.

Quand le patient regrette sa blépharoplastie : des raisons souvent multiples
D’abord, une précision importante : on ne parle pas toujours d’erreur chirurgicale.
Derrière une blépharoplastie ratée ou insatisfaisante, il peut donc y avoir :
• Une vraie complication (œil rond, ectropion, difficulté à fermer les yeux)
• Un problème d’indication (on a opéré la paupière sans traiter le sourcil, la pommette, le volume…)
• Un décalage entre le geste réalisé et l’attente du patient.
Pour le patient, ce regret n’est jamais abstrait.
Il peut se traduire par la sensation de ne plus se reconnaître dans le miroir, un œil rond, une paupière qui tire, une asymétrie, un malaise en public ou encore l’impression d’avoir “abîmé” son regard de façon irréversible.
Certains évitent les photos, d’autres doutent de tous les chirurgiens et n’osent plus envisager de correction.
Ce vécu est réel, parfois très douloureux, et fait pleinement partie de la prise en charge.
Avant de regretter : quand faut-il vraiment s’inquiéter ?
Dans les premières semaines, beaucoup de choses sont liées à l’œdème et à la phase de cicatrisation : sensation de tiraillement et paupières sensibles, petits défauts de symétrie, impression d’ouverture différente d’un côté.
Tant que la paupière ferme correctement et que la position n’est pas franchement anormale, la priorité reste souvent : la protection oculaire (larmes artificielles, pommades, selon les cas), le soin des cicatrices et leur protection solaire, une surveillance régulière.
⚠️ On commence à parler de séquelles à corriger surtout au-delà de 3 à 6 mois, une fois la cicatrisation stabilisée.
Quelles solutions si on regrette vraiment sa blépharoplastie ?
D’abord, il faut en parler à son chirurgien. Et si la confiance est rompue, consulter un autre chirurgien spécialisé en chirurgie du regard.
La première étape est un bilan spécialisé : examen clinique complet du regard (statique et dynamique), analyse des tissus (peau, muscle, graisse, tonus palpébral), revue des photos avant/après, et du compte-rendu opératoire si disponible.
C’est ce bilan qui conditionne les solutions possibles.
Quand il existe une gêne fonctionnelle
Lorsque la fonction palpébrale est altérée (difficulté à fermer l’œil, irritation chronique, larmoiement lié à une mauvaise position de la paupière), la prise en charge est prioritaire. Elle peut combiner :
• Traitements locaux (lubrifiants, collyres, prise en charge ophtalmologique)
• Gestes de soutien de la paupière inférieure (canthopexie ou canthoplastie, remise en tension de la paupière),
• Greffes ou lambeaux pour redonner de la longueur et du support à la paupière, dans les cas les plus lourds.
L’objectif n’est pas d’abord esthétique : il s’agit de protéger correctement l’œil, éviter les ulcérations et restaurer un clignement efficace.
Quand le problème est surtout esthétique
Lorsque le regret concerne surtout l’aspect du regard, les solutions dépendent de la cause.
– En cas de creux sous l’œil ou de regard trop creusé, souvent lié à un retrait excessif de graisse, une correction de volume peut être proposée : lipofilling (graisse du patient) ou, dans certains cas précis, injections d’acide hyaluronique très finement dosées. L’objectif est de rééquilibrer les volumes.
– Si des poches persistent ou sont devenues asymétriques, une reprise ciblée est parfois possible, seule ou associée à un geste sur la pommette lorsque celle-ci participe au déséquilibre.
– En cas d’œil rond après blépharoplastie, le problème vient le plus souvent d’un manque de soutien de la paupière inférieure. La correction repose alors sur un geste de remise en tension de la paupière (canthopexie ou canthoplastie), afin de redonner une forme plus naturelle à l’œil et, si nécessaire, d’améliorer le confort.
– Enfin, lorsqu’une cicatrice est visible ou mal positionnée, une reprise de cicatrice peut être envisagée, parfois complétée par un traitement laser pour améliorer son aspect.
Les corrections doivent rester mesurées et adaptées : l’objectif est d’adoucir et rééquilibrer le regard, pas de le transformer à nouveau.
Comment éviter les déceptions avant une première blépharoplastie ?
Vous me direz, cela va de soi, mais choisir un chirurgien qui travaille régulièrement sur le regard reste essentiel.
Plus on a d’expérience dans son expertise, plus on devient bon !
D’ailleurs, une bonne consultation doit :
– Un examen du regard dans son ensemble
– Expliquer clairement ce que la chirurgie peut corriger… et ce qu’elle ne peut pas
– Évoquer les limites et les risques, sans dramatiser ni minimiser.
Pour une blépharoplastie supérieure et plus largement le traitement du regard, choisir un bon chirurgien, c’est s’assurer d’une analyse globale et d’une indication juste : la meilleure prévention contre les déceptions après une blépharoplastie.