Poches sous les yeux : comprendre leur origine
Chez beaucoup de patients, les poches sous les yeux sont vécues comme un stigmate de fatigue, voire de vieillissement prématuré. Pourtant, toutes les poches n’ont pas la même origine – et donc pas la même solution. Avant de vouloir corriger, il faut comprendre. Car choisir un traitement sans poser le bon diagnostic, c’est prendre le risque de se tromper de cible… et de résultat.
Il existe en réalité plusieurs types de poches, avec des mécanismes bien distincts. On parle de poches graisseuses, de poches œdémateuses transitoires ou encore de poches malaires, aggravées par le relâchement cutané dû au vieillissement de la peau.
Choisir le bon traitement pour les poches sous les yeux nécessite une analyse précise du regard et du visage dans son ensemble. C’est cette étape de diagnostic qui oriente vers le geste juste, ou qui évite le geste inutile.
Les principales causes des poches sous les yeux
1. Le vieillissement des tissus
C’est la cause la plus fréquente. Avec le temps, les tissus de soutien se relâchent, les muscles perdent en tonicité et la graisse orbitaire, normalement contenue dans sa loge, a tendance à faire hernie vers l’avant. Résultat : un bombement sous la paupière inférieure, souvent asymétrique, qui alourdit et fatigue le regard.
Ce phénomène s’accompagne parfois d’un excès de peau et d’un creusement du sillon entre la paupière et la joue. Il ne s’agit pas d’un simple excès de graisse : c’est une modification globale de l’anatomie du regard, liée à l’âge.
2. Une prédisposition héréditaire
Certaines personnes présentent des poches dès l’adolescence ou la vingtaine. Le plus souvent, il s’agit d’un facteur génétique. La graisse orbitaire est plus proéminente que la moyenne, parfois sans excès de peau associé. Ces formes précoces sont fréquentes chez les hommes jeunes et peuvent être source de gêne esthétique importante. Elles n’ont rien à voir avec le mode de vie ou la qualité du sommeil. Elles tendent à s’aggraver avec le temps, comme l’illustre le cas de Vincent Cassel par exemple.
3. Des facteurs conjoncturels ou environnementaux
Le manque de sommeil, le stress, la consommation d’alcool, le tabac, le sel ou certains médicaments peuvent favoriser une rétention d’eau transitoire. Dans ces cas-là, les poches ont un aspect plus mou, parfois fluctuant au fil de la journée, souvent plus marquées le matin. Il ne s’agit pas ici d’un excès de graisse, mais d’un œdème, souvent réversible. Il arrive que ces poches coexistent avec une prédisposition anatomique, ce qui peut brouiller l’analyse.
4. Les poches malaires
Il ne faut pas les confondre avec les poches palpébrales. Les poches malaires sont situées plus bas, sur le haut de la pommette, et sont souvent liées à un relâchement des tissus (dont le SMAS) du tiers moyen du visage. On leur associe souvent une rétention lymphatique chronique. Leur prise en charge est différente.

Quelles solutions pour réduire les poches sous les yeux ?
Ce que je recherche avant tout, c’est la cause précise du relief. Est-ce un excès de graisse ? Un relâchement cutané ? Une poche malaire ? De la rétention d’eau ? Le traitement ne sera pas le même. Une poche œdémateuse peut coexister avec une poche graisseuse, même de façon asymétrique.
Tout dépend donc du diagnostic.
- Quand il s’agit d’un excès de graisse orbitaire confirmé, le traitement de référence reste l’opération des poches sous les yeux ou blépharoplastie inférieure.
Elle permet de retirer la graisse, souvent sans cicatrice visible quand le cerne ne présente pas d’excès cutané (par voie conjonctivale). J’y associe parfois une injection ciblée de microfat pour rééquilibrer l’ensemble du cerne.
Si la peau est relâchée, on peut associer un geste de remise en tension.
À noter que chez certains patients, une légère poche peut rester perceptible même après chirurgie, car elle fait partie de l’anatomie : c’est le cas chez les personnes ayant naturellement de grands yeux, peu enfoncés dans l’orbite.
- Le traitement des poches malaires relève d’une approche plus globale du visage, et peut impliquer un lifting malaire avec remise en tension des tissus profonds.
- En revanche, pour les poches à dominante œdémateuses, on privilégie une prise en charge médicale : amélioration de l’hygiène de vie, drainage, traitement des allergies éventuelles… La chirurgie n’est alors pas indiquée.
Faire appel à un chirurgien expert du regard, capable d’analyser avec précision l’origine de vos poches, est essentiel pour un traitement efficace.

FAQ – Poches sous les yeux
Pourquoi certaines personnes ont-elles des poches sous les yeux et pas d’autres ?
C’est multifactoriel. Il existe une prédisposition anatomique, souvent familiale, à développer des poches graisseuses : position du globe oculaire, tonicité des tissus, volume des loges graisseuses, mais aussi cloison orbitaire plus fine ou graisse plus proéminente dès le jeune âge. D’autres n’en auront jamais, même à 70 ans ! À cela s’ajoutent des facteurs aggravants : vieillissement et relâchement cutané, rétention d’eau, habitudes de vie… mais la “cause ultime” n’est pas toujours identifiable. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il s’agit rarement d’un signe de fatigue isolé, mais plutôt d’un ensemble de paramètres, dont certains sont visibles dès l’adolescence.
Après une blépharoplastie inférieure avec retrait des poches graisseuses, peuvent-elles revenir ?
Non, les poches graisseuses retirées lors d’une blépharoplastie inférieure ne reviennent pas : la graisse en excès est enlevée de façon définitive. En revanche, le regard continue de vieillir naturellement. Avec le temps, un relâchement cutané ou musculaire peut apparaître, donnant l’impression d’un creux ou d’un bombement, mais ce n’est pas la graisse initiale qui est revenue.