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5 limites de la blépharoplastie sans chirurgie

On me demande de plus en plus souvent s’il est possible de “rajeunir les paupières” sans passer par une opération. Mais il faut être clair : la “blépharoplastie sans chirurgie” n’est pas une blépharoplastie au sens chirurgical. Ce sont des techniques de remise en tension cutanée et d’amélioration de la qualité de peau. Dans certains cas, c’est pertinent. Dans d’autres, cela ne peut pas remplacer un geste anatomique.

Chirurgie du regard Lyon- Docteur Mathieu Koppe

De quoi parle-t-on exactement ?

Derrière le terme “blépharoplastie sans chirurgie”, on retrouve principalement :

– Des dispositifs de “retraction” cutanée (plasma pen / plasma lift type Plexr) ;

– Des lasers ablatifs ou fractionnés (dont le laser CO2 ou laser Erbium, type laser ORIGIN) ;

– Parfois du radiofréquence/micro-ondes/ultrasons (plutôt pour la qualité cutanée, avec des résultats modestes sur la paupière).

L’objectif commun : améliorer la peau (texture, ridules, froissé) et obtenir une tension légère

Le point clé : ces techniques agissent d’abord sur la peau. 

Elles ne déplacent pas, ne repositionnent pas et ne réparent pas les structures profondes qui font, très souvent, “le vrai problème” au niveau des paupières.

 

Blépharoplastie laser à Lyon : ce qu’il peut faire (et ce qu’il ne peut pas faire)

Le laser Erbium (Laser ORIGIN) que j’utilise est un laser fractionné : il agit par ablation très fine et précise des couches superficielles de la peau, avec un contrôle intéressant de la profondeur. Il stimule la régénération cutanée, améliore la texture, lisse des ridules, et donne un léger effet tenseur.

Il est utile, typiquement, pour :

– Peau fripée de paupière supérieure et inférieure

– Ridules fines péri-orbitaires quand la peau est de bonne qualité globale ;

– Relâchement cutané discret, sans hernie graisseuse (“poches”) constituée.

En revanche, il ne “retire” pas une poche de graisse, ne remonte pas un sourcil, ne corrige pas un ptosis, et ne recrée pas un sillon palpébral harmonieux si l’anatomie profonde s’est modifiée.

 

5 limites de la blépharoplastie sans chirurgie

… et ce peu importe le laser ou la technique.

 

1. Elle ne traite pas les poches sous les yeux

Les poches sous les yeux sont liées à une hernie de graisse orbitaire (prolapsus), parfois associée à un relâchement du septum et à une modification du soutien de la paupière inférieure. 

Un laser ne peut pas retirer une graisse qui pousse vers l’avant. La solution efficace est souvent une prise en charge chirurgicale adaptée, typiquement une chirurgie des poches sous les yeux chez un opérateur qui maîtrise l’analyse du regard.

 

2. L’effet tenseur est limité par la biologie de la peau palpébrale

La peau de paupière est la plus fine du corps. Elle réagit bien aux traitements de surface… mais elle a aussi un potentiel de rétraction limité. 

Quand l’excès de peau est réel, “chauffer” ou “abraser” ne recréera pas la même précision qu’une exérèse chirurgicale calibrée. Et si l’on pousse trop le traitement pour “compenser”, on augmente les risques de cicatrisation anormale.

 

3. Le laser n’agit pas sur la position et la dynamique de la paupière

Un regard tombant ou fatigué, ce n’est pas seulement de la peau en trop. 

Il peut exister :

– Une baisse du tonus du muscle orbiculaire ;

– Une laxité du canthus (coin externe) ;

– Un abaissement de la pommette et du support infra-orbitaire ;

– Un déséquilibre entre paupière et sourcil.

Tout cela relève d’une fine analyse anatomique en consultation

Le laser n’a pas d’action mécanique sur ces paramètres. C’est une des raisons majeures qui expliquent les déceptions : on traite “ce qu’on voit” (la peau), pas “ce qui cause” (les structures).

 

4. Si l’attente est chirurgicale, la déception est probable

Une blépharoplastie laser à Lyon est indiqué en cas de relâchement léger, voire modéré, mais il ne corrige pas un regard comme une blépharoplastie chirurgicale lorsqu’elle est indiquée.

Si vous venez avec l’idée d’un avant/après “opératoire”, je préfère le dire tout de suite : on ne joue pas dans la même catégorie !

C’est précisément le cœur des différences entre la blépharoplastie laser et chirurgicale : le laser améliore la peau, la chirurgie corrige une architecture.

 

5. La zone est exigeante : le risque de complications n’est pas nul

Sur les paupières, on ne peut pas se permettre l’approximation. Même si le laser Erbium est précis, il existe des risques :

• Rougeur prolongée, sécheresse, irritation ;

• Hyperpigmentation post-inflammatoire (surtout phototypes plus élevés, exposition solaire, antécédents pigmentaires) ;

• Retard de cicatrisation si la peau est fragile ou si les paramètres sont trop agressifs ;

• Rarement, cicatrice visible si la guérison est défavorable.

C’est une zone où “plus fort” ne veut pas dire “mieux”. La maîtrise des réglages et de l’indication est tout.

 

Alors…chirurgie des paupières ou blépharoplastie laser ?

On s’oriente vers la chirurgie lorsque le laser ne peut plus faire son effet.

Le laser est une bonne option quand le problème est uniquement cutané : une peau un peu froissée, légèrement distendue, qui a simplement besoin d’être retendue.

Mais quand la cause est structurelle (poches sous les yeux, excès cutané important, ptosis, relâchement des sourcils, etc), le laser atteint ses limites. 

La chirurgie devient alors la solution la plus efficace et la plus cohérente.

 

FAQ – Blépharoplastie sans chirurgie

Que penser du plexr pour traiter les paupières tombantes ?

Le plexr (ou plasma lift) crée une micro-carbonisation superficielle par points, censée induire une rétraction. Il ne permet pas de traiter les graisses ni un ptosis, expose à un risque cicatriciel et la rétraction cutanée reste difficile à contrôler. Les suites peuvent être proches de celles d’une blépharoplastie chirurgicale, pour un résultat souvent moins durable. Pour ces raisons, je ne pratique pas cette technique. Cela ne signifie pas qu’elle soit à proscrire : certains praticiens expérimentés obtiennent de bons résultats dans des indications bien précises, notamment en cas de relâchement cutané modéré.