Blépharoplastie inférieure sans cicatrice : que signifie vraiment la voie transconjonctivale ?
La blépharoplastie inférieure par voie transconjonctivale est souvent présentée comme une blépharoplastie “sans cicatrice”.
Or, Il existe bien une incision. Simplement, celle-ci est réalisée à l’intérieur de la paupière inférieure, au niveau de la conjonctive, et non sur la peau. Il n’y a donc pas de cicatrice cutanée visible.
Mais ce n’est pas parce qu’elle ne laisse pas de cicatrice extérieure que cette voie est systématiquement préférable. En chirurgie de la paupière inférieure, la vraie question est plutôt : qu’avons-nous besoin de corriger ?

Le Dr Koppe en consultation à Vienne
Qu’est-ce qu’une blépharoplastie inférieure par voie transconjonctivale ?
La blépharoplastie inférieure vise notamment à traiter les poches liées à la protrusion de la graisse orbitaire, parfois associées à un creusement du cerne, un excès cutané ou un relâchement de la paupière.
Avec une blépharoplastie inférieure par voie transconjonctivale, l’incision est réalisée sur la face interne de la paupière, au niveau de la conjonctive. Le chirurgien accède ainsi aux compartiments graisseux par l’intérieur de la paupière, sans incision cutanée visible.

Ilustration anatomique de le conjonctive, soit la membrane muqueuse transparente tapissant la surface antérieure de la sclère (conjonctive bulbaire) et la surface interne des paupières.
D’où l’expression “blépharoplastie sans cicatrice”.
Je préfère toutefois parler de blépharoplastie sans cicatrice cutanée visible : c’est nettement moins vendeur, certes, mais beaucoup plus exact.
➡️ Pour comprendre les différentes possibilités chirurgicales, vous pouvez également consulter ma page consacrée à la blépharoplastie inférieure.
Dans quels cas passer par l’intérieur de la paupière ?
L’intérêt de la voie transconjonctivale ne tient pas seulement à l’absence de cicatrice cutanée visible.
Elle permet d’accéder directement à la graisse orbitaire sans incision sous les cils et en préservant davantage les plans antérieurs de la paupière, notamment le muscle orbiculaire.
➡️ Elle est ainsi particulièrement intéressante lorsque le problème principal est constitué par des poches graisseuses, avec peu ou pas d’excès de peau.
➡️ C’est souvent le cas chez des patients relativement jeunes présentant des poches constitutionnelles ou familiales, comme ici chez cette patiente venue de Suisse :

Avant après blépharoplastie par voie transconjonctivale et injections de microfat – Dr Koppe Lyon
❌ Mais cette voie n’est pas adaptée à toutes les paupières : si la peau est relâchée, si la paupière manque de tonicité ou si d’autres structures doivent être corrigées, une autre approche est préférable.
Avant de parler technique, il faut donc d’abord déterminer ce qui crée réellement le relief sous l’œil : poche graisseuse, cerne creux, relâchement cutané… ou plusieurs éléments associés.
➡️ Cernes et poches ne se traitent pas de la même manière.
Et s’il existe aussi un excès de peau ?
C’est précisément là que l’expression “sans cicatrice” peut devenir trompeuse.
La voie transconjonctivale traite efficacement les structures situées derrière la paupière, mais elle ne fait évidemment pas disparaître un excès cutané important.
Lorsque la peau est relâchée, plusieurs possibilités existent selon son importance et la tonicité de la paupière :
– Une incision sous-ciliaire, placée juste sous les cils, peut être nécessaire lorsqu’il faut réellement travailler la peau et parfois d’autres structures de la paupière.
– Une solution intermédiaire, appelée pinch blépharoplastie. La pinch blépharoplastie consiste à retirer un petit excès de peau de la paupière inférieure, avec une cicatrice très discrète. Elle peut être associée à une voie transconjonctivale lorsque les poches sont traitées par l’intérieur, mais qu’un léger relâchement cutané doit aussi être corrigé.
Blépharoplastie inférieure : où se trouve la cicatrice ?
En réalité, plusieurs configurations existent :
– Voie transconjonctivale seule : incision à l’intérieur de la paupière, sans cicatrice cutanée ;
– Voie transconjonctivale + pinch : incision interne pour traiter les poches et très fine cicatrice externe pour l’excès de peau ;
– Voie sous-ciliaire : incision cutanée dissimulée immédiatement sous les cils, lorsqu’un travail plus important sur la peau ou la paupière est nécessaire.
Le choix dépend donc beaucoup moins de votre volonté d’avoir “zéro cicatrice” que de l’anatomie de votre paupière.
Toutes les poches sous les yeux relèvent-elles d’une blépharoplastie ?
Dans la majorité des cas, de vraies poches graisseuses peuvent relever d’une blépharoplastie inférieure.
Il faut toutefois bien identifier leur nature, car certains reliefs ne correspondent pas à une hernie graisseuse orbitaire. C’est notamment le cas des poches malaires, situées plus bas sur la pommette, qui ne se traitent pas de la même manière.
Le diagnostic permet donc de distinguer une véritable poche sous les yeux d’un cerne creux, d’un relief malaire ou de plusieurs phénomènes associés. J’en parle plus en détail dans cet article sur les poches sous les yeux.
Alors, la voie transconjonctivale est-elle meilleure ?
La blépharoplastie inférieure par voie transconjonctivale est particulièrement intéressante lorsqu’il faut agir sur les poches graisseuses tout en préservant au maximum les structures antérieures de la paupière.
Les données disponibles montrent notamment son intérêt pour limiter certaines malpositions postopératoires.
Mais si votre paupière présente également un excès cutané important, une laxité ou une problématique canthale, d’autres gestes peuvent être nécessaires.
En chirurgie du regard, choisir la voie d’abord avant d’avoir posé le diagnostic reviendrait un peu à choisir la clé avant de regarder la serrure !
À retenir
– Une blépharoplastie inférieure sans cicatrice signifie généralement qu’aucune incision n’est réalisée sur la peau : l’intervention passe par la conjonctive, à l’intérieur de la paupière.
– Mais cette technique ne convient pas à toutes les paupières.
– Le choix entre voie transconjonctivale, pinch blépharoplastie et voie sous-ciliaire dépend de plusieurs éléments : quantité et position de la graisse, excès cutané ou non, tonicité de la paupière, position du canthus et anatomie de la jonction paupière-joue.
La discrétion de la cicatrice compte. L’indication compte davantage !
FAQ
La blépharoplastie transconjonctivale laisse-t-elle vraiment zéro cicatrice ?
Elle ne laisse pas de cicatrice visible sur la peau, puisqu’on réalise l’incision sur la face interne de la paupière, au niveau de la conjonctive. Il existe donc bien une incision chirurgicale, simplement invisible extérieurement.
Peut-on enlever les poches et retendre la peau sans cicatrice ?
La voie transconjonctivale permet de traiter les poches mais pas de retirer un véritable excès de peau. Lorsqu’il est modéré, une pinch blépharoplastie peut éventuellement être associée. Si l’excès cutané est plus important, on peut choisir une autre approche.
La voie transconjonctivale permet-elle uniquement de retirer la graisse ?
Non. Selon l’anatomie, la graisse peut être retirée de manière conservatrice ou repositionnée afin de corriger simultanément les poches et certaines dépressions de la jonction entre la paupière et la joue.
Quelle est la différence entre voie transconjonctivale et voie sous-ciliaire ?
La voie transconjonctivale passe par l’intérieur de la paupière. La voie sous-ciliaire passe par une incision réalisée juste sous les cils. Elles ne répondent pas exactement aux mêmes besoins et le choix dépend notamment de la présence d’un excès de peau, de la laxité de la paupière et des gestes à réaliser.
La voie transconjonctivale : réservée aux patients jeunes ?
Non, même si les patients présentant des poches marquées sans excès cutané constituent une indication classique. L’âge seul ne détermine pas la technique : c’est surtout l’anatomie de la paupière et les corrections nécessaires qui comptent.