Blépharoplastie inférieure sans cicatrice : que signifie vraiment la voie transconjonctivale ?
La blépharoplastie inférieure par voie transconjonctivale est souvent présentée comme une blépharoplastie « sans cicatrice ». C’est vrai… mais ce n’est pas son principal intérêt.
Le chirurgien réalise l’incision à l’intérieur de la paupière, au niveau de la conjonctive. Ainsi, aucune cicatrice cutanée n’est visible. Surtout, cette voie permet de traiter les poches sans inciser le muscle orbiculaire, qui participe au soutien de la paupière inférieure.
Autrement dit, je privilégie souvent la voie transconjonctivale non parce que sa cicatrice ne se voit pas, mais parce qu’elle préserve davantage l’anatomie de la paupière et perturbe moins la forme de l’œil.

Le Dr Koppe en consultation à Vienne
Qu’est-ce qu’une blépharoplastie inférieure par voie transconjonctivale ?
Lors d’une blépharoplastie inférieure par voie conjonctivale, le chirurgien incise la face interne de la paupière, au niveau de la conjonctive. Il accède ainsi aux compartiments graisseux par l’intérieur de la paupière, sans incision cutanée visible.
Cette voie permet notamment de traiter les poches graisseuses tout en préservant le muscle orbiculaire.
Pour mieux comprendre les différentes techniques, vous pouvez aussi consulter ma page consacrée à la blépharoplastie inférieure.

Ilustration anatomique de le conjonctive, soit la membrane muqueuse transparente tapissant la surface antérieure de la sclère (conjonctive bulbaire) et la surface interne des paupières.
Pourquoi passer par l’intérieur de la paupière ?
Le principal avantage de la voie transconjonctivale ne tient pas seulement à l’absence de cicatrice sur la peau.
En effet, elle évite aussi de créer une cicatrice au niveau du muscle orbiculaire. Or ce muscle ne sert pas uniquement à fermer l’œil. Il participe également à l’équilibre et au soutien de la paupière inférieure.
Ainsi, lorsque le chirurgien le préserve, il limite les modifications inutiles de son architecture, et réduit aussi le risque de déstabiliser la forme de l’œil.
Chez une personne jeune, avec une paupière tonique et des poches graisseuses isolées, pourquoi traverser le muscle si l’on n’a pas besoin d’agir dessus ?
C’est pourquoi je privilégie très souvent cette voie, notamment avant 45 ans lorsque l’anatomie s’y prête.
Dans quels cas privilégier la voie transconjonctivale ?
La voie transconjonctivale convient particulièrement lorsque le problème vient surtout des poches graisseuses sous les yeux, avec une peau encore de bonne qualité.
Elle est donc souvent intéressante chez des patients relativement jeunes qui présentent des poches constitutionnelles ou familiales.
Cependant, avant de choisir une technique, il faut identifier précisément ce qui crée le relief sous l’œil : poche graisseuse, cerne creux, poche malaire ou plusieurs éléments associés.

Avant après blépharoplastie par voie transconjonctivale et injections de microfat – Dr Koppe Lyon
J’explique notamment la différence entre cernes et poches dans un article dédié.
La voie sous-ciliaire est-elle une mauvaise technique ?
Non. Le problème ne vient pas de la technique elle-même, mais de son indication.
La voie sous-ciliaire permet d’agir sur les plans antérieurs de la paupière. Elle donne notamment accès au muscle orbiculaire et aux structures de soutien. Elle peut donc devenir préférable lorsque le chirurgien doit restaurer ou modifier la forme de la paupière, corriger une laxité ou réaliser certains gestes complémentaires.
En revanche, si ces structures fonctionnent bien, notamment chez une patiente jeune, il n’est pas toujours utile de les traverser uniquement pour atteindre les poches.
Je vois malheureusement en consultation des patientes jeunes qui présentent, après une chirurgie par voie sous-ciliaire, une rétraction ou une modification de la forme de l’œil. Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner cette voie. En revanche, il faut la réserver aux situations dans lesquelles elle apporte un véritable bénéfice anatomique.
Et s’il existe aussi un petit excès de peau ?
La voie transconjonctivale traite efficacement les poches sous les yeux. En revanche, elle ne retire pas un excès cutané.
Lorsque celui-ci reste modéré, on peut parfois associer un geste limité sur la peau : la pinch blépharoplastie, qui consiste à retirer un petit excès de peau de la paupière inférieure, avec une cicatrice très discrète.
Elle peut compléter une voie transconjonctivale lorsque le chirurgien traite les poches par l’intérieur, mais doit aussi corriger un léger relâchement cutané.
Retirer la graisse… ou la repositionner ?
Traiter les poches ne signifie pas forcément retirer toute la graisse.
Selon l’anatomie, le chirurgien peut en retirer une partie de façon mesurée ou la repositionner. Il cherche ainsi à éviter de creuser le regard et à mieux lisser la transition entre la paupière et la joue.
➡️ Lorsqu’un cerne creux domine, la stratégie change. J’en parle plus précisément dans cet article sur l’opération des cernes.
Blépharoplastie inférieure : où se trouve la cicatrice ?
Lorsque vous recherchez « blépharoplastie inférieure cicatrice », vous trouvez souvent une opposition assez simpliste entre une technique « avec cicatrice » et une technique « sans cicatrice ».
En pratique :
– Voie transconjonctivale : l’incision se situe dans la conjonctive et le muscle orbiculaire reste préservé ;
– Voie transconjonctivale + pinch : le chirurgien traite les poches par l’intérieur et retire séparément un petit excès de peau ;
– Voie sous-ciliaire : l’abord externe permet d’agir sur la peau, le muscle et, si nécessaire, sur les structures de soutien de la paupière.
Ainsi, la visibilité de la cicatrice ne doit pas dicter le choix.
La vraie question consiste surtout à savoir quelles structures nous devons traiter, et lesquelles nous devons préserver.
Toutes les poches sous les yeux relèvent-elles d’une blépharoplastie ?
Dans la majorité des cas, de vraies poches graisseuses peuvent relever d’une blépharoplastie inférieure.
Cependant, certains reliefs ne correspondent pas à une hernie graisseuse orbitaire. C’est notamment le cas des poches malaires, situées plus bas sur la pommette.
Le diagnostic permet donc de distinguer une vraie poche sous les yeux d’un cerne creux, d’un relief malaire ou de plusieurs phénomènes associés.
J’en parle plus en détail dans cet article consacré aux poches sous les yeux.
Alors, la voie transconjonctivale est-elle meilleure ?
Dans une grande partie des indications, notamment chez les patients jeunes, je privilégie la voie transconjonctivale lorsque l’anatomie le permet.
Non pas parce qu’elle évite une cicatrice visible.
Mais parce qu’elle permet de traiter les poches tout en préservant davantage le muscle orbiculaire et les structures qui participent à la forme de la paupière.
La voie sous-ciliaire garde toutefois tout son intérêt lorsqu’il faut justement agir sur ces structures pour restaurer le soutien ou la forme de l’œil.
En chirurgie du regard, le principe reste donc simple : ne pas intervenir sur une structure qui fonctionne bien si cela n’est pas nécessaire.
FAQ
La blépharoplastie transconjonctivale ne laisse-t-elle vraiment aucune cicatrice ?
Elle ne laisse pas de cicatrice visible sur la peau, puisque l’incision se situe à l’intérieur de la paupière. Cependant, son intérêt ne se limite pas à cet aspect esthétique. Elle permet aussi de préserver le muscle orbiculaire.
Pourquoi privilégier la voie transconjonctivale chez les patients jeunes ?
Chez un patient qui présente des poches graisseuses avec une peau et un soutien palpébral de bonne qualité, cette voie permet d’atteindre les poches sans intervenir inutilement sur le muscle orbiculaire. Je la privilégie donc très souvent avant 45 ans lorsque l’anatomie s’y prête.
Quand préférer une voie sous-ciliaire ?
La voie sous-ciliaire peut être utile lorsqu’il faut agir sur la peau, le muscle ou les structures de soutien de la paupière. Elle trouve notamment sa place lorsque le chirurgien doit restaurer ou modifier la forme de l’œil.
Peut-on retirer de la peau tout en conservant une voie transconjonctivale ?
Oui, dans certaines situations. Une pinch blépharoplastie peut permettre de retirer un petit excès cutané tout en conservant la voie transconjonctivale pour le traitement des poches.